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Marseille : les Arméniens réunis pour fêter Noël dans la tradition

L’église apostolique arménienne célèbre la naissance du Christ le 6 janvier. Un temps fort fervent, sur le plan religieux, autour duquel les familles sont réunies

Par Philippe Faner

Au Paradis gourmand, avenue Cantini, on se dépêche de faire les derniers achats alimentaires avant la fête qui se prépare pour le week-end. “C’est un moment fort pour toutes les familles”, dit avec son bel accent chantant Lilit, qui tient l’épicerie arménienne flambant neuve du sixième arrondissement, ouverte en juin dernier. La même réflexion vaut également pour l’Anahit, le supermarché du boulevard de la Liberté (1er), tout près de la gare Saint-Charles, qui connaît une effervescence un peu inhabituelle dans ses rayons. Au cas où on ne le saurait pas, la diaspora arménienne célèbre la naissance du Christ le 6 janvier, en même temps que l’Épiphanie, pour rester fidèle à une tradition multiséculaire. Un temps fort, festif et religieux, inscrit en lettres capitales sur le calendrier de toute la communauté. “Ceux qui se sont un peu éloignés de l’Église reviennent un peu vers nous à cette occasion”, constate le père Bazikyan, de l’église apostolique Saint-Antoine. Après l’office religieux, c’est donc autour d’un repas agrémenté de nombreux plats traditionnels que toutes les générations se retrouvent. Chacun se charge de mettre sur la table les éléments de son choix. Éléments liés en général, aux origines géographiques des uns et des autres. “Tout le monde apporte sa petite touche personnelle, tout le monde donne un petit coup de main à cette réunion, témoigne en connaisseur Manouk, barbe fournie et sourire généreux. Ma belle-mère nous prépare par exemple un plat à base d’épinards et d’oeufs, on trouve aussi du riz pilaf, des dattes et du raisin”. Et si ces agapes commencent un peu après midi, elles ont toutes les chances de se terminer assez tard dans la soirée. “Même si on rassemble également tous les proches les 24 et 25 décembre, les 5 et 6 janvier sont un temps marquant de la vie de notre communautéchez nous, on est très famille”, insiste de son côté Anahid Kaloudjian, à la tête de la Jeunesse arménienne de France (Jaf) Marseille, depuis 2015, symbole d’un renouveau générationnel au sein de l’institution. Chez Irena, le poisson occupe une place privilégiée pendant ce moment de grandes retrouvailles. “On s’y prend plusieurs jours à l’avance pour ne rien oublier pendant cette grande semaine de fête”, explique cette maman qui se dit “attentive aux racines“. Mais la jeune femme a déjà dans la tête d’autres réjouissances qui lui tiennent à coeur : l’anniversaire de son grand-père qui soufflera ses 90 bougies en Arménie. L’occasion, encore une fois, de réunir toute la famille éparpillée aux quatre coins du monde. “Là, on est bien obligé de s’y prendre plusieurs mois à l’avance”, souffle-t-elle au téléphone. C’est également le 5 janvier que l’on peut voir normalement des petits groupes d’enfants sillonner le soir les rues de leur quartier, en chantant des cantiques de Noël et en tenant à la main une bougie ou une lanterne. On les invite alors à entrer à l’intérieur des maisons pour leur offrir des bonbons et des gâteaux, en signe de remerciement et de bienvenue. Pendant cette même période, les prêtres rendent visite à leurs fidèles pour respecter une autre tradition. “On fait attention à ne pas trop s’éloigner de notre paroisse”, précise le père Bazikyan sur un ton rassurant.

Pourquoi le 6 janvier ?

L’Église apostolique arménienne, la plus ancienne Église de la chrétienté fondée en 301, n’a pas accepté la réforme de l’Empereur Constantin, en 354, qui a fixé la date de Noël au 25 décembre. Dans la tradition arménienne, c’est la veille de Noël, le 5 janvier, qu’a lieu l’adoration des mages symbolisant l’étoile de Bethléem qui a guidé les mages vers le lieu de naissance du Christ.

Le lendemain, la fête de la Nativité et de L’Épiphanie marque la célébration de la naissance de Jésus-Christ et de “sa manifestation glorieuse à toute l’humanité”. Jusqu’au IVe siècle, les chrétiens célébraient la fête de la Nativité le 6 janvier. Mais au siècle suivant, les Églises d’Occident ont choisi de déplacer cet événement au 25 décembre, de manière à se libérer de la fête païenne de l’adoration du soleil. L’Église apostolique arménienne respecte donc l’ancienne tradition en célébrant le 6 janvier la naissance et le baptême de Jésus-Christ, ainsi que sa manifestation divine. Ce même 6 janvier, à l’issue la célébration de la Nativité a lieu la cérémonie de la bénédiction de l’eau. Ce rituel rappelle le baptême de Jésus-Christ dans le Jourdain par Saint Jean Baptiste. 

Les célébrations  La majorité des Arméniens se disent apostoliques, en référence aux chrétiens qui se réclament des apôtres. On recense à Marseille huit églises apostoliques, sans parler des églises évangéliques (Beaumont, Saint-Loup, Saint-Antoine) ainsi que l’église arménienne catholique (Saint-Grégoire-L’Illuminateur) de la rue Sibié (1er). La cathédrale apostolique des Saints Traducteur, au 339, avenue du Prado (8e), célèbre aujourd’hui la messe solennelle de la nativité à 10 h. À noter également que les Grecs de Marseille fêteront la Théophanie, demain, vers midi, au Vieux-Port, en présence du Métropolite de France, monseigneur Emmanuel, avec la plongée dans le Vieux-Port destinée à ramener la croix.

https://www.laprovence.com/article/sorties-loisirs/5311236/les-armeniens-reunis-pour-feter-noel-dans-la-tradition.html

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